Poésie sans Nom
j'entends les rumeurs
les imprécations
les hommes en meute
s'affrontent
ou s'entretuent
moi j'ai mon pays dans le ciel
et ma souffrance
sur la terre
de voir tant d'âmes mortes
errer
au milieu des débris et des détritus
le sang a imprégné la terre
le sang des meurtres crie
un seul sang
une seule humanité
au milieu de l'invisible
je marche
relevant les ombres
bousculant les ténèbres
un flambeau à la main
un flambeau d'espérance
la terre en feu
dévastée
ouverte
comme une blessure
pleure
ses dernières forces
les hommes
tournent la tête
prédateurs inconscients
de la merveille
je marche
relevant les ombres
un flambeau d'espérance
à la main
dans une solitude
presque totale
Ta Parole est une question
les hommes
en ont fait des réponses
comment parler alors ?
j'ai mon temple dans le coeur
là où nul ne peut
l'embrigader
j'ai mon temple dans le chant
mon chant d'eau pure
coulée du ciel
mélangée de mes larmes
mon chant pour continuer à vivre
jusqu'au centre de la mort
© Jérôme Nathanaël - 13 janvier 2026
Le brûlement des Cévennes. Plaque de verre peinte, Samuel Bastide, 1926.